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Vampirisme : Syndrome de Renfield

 
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Mercurie
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MessagePosté le: Sam 13 Jan 2018 - 15:34    Sujet du message: Vampirisme : Syndrome de Renfield Répondre en citant

Introduction du Syndrome 
Le vampirisme clinique est un comportement rare observé principalement lors du délire schizophrénique ou en tant que paraphilie. Il consiste en l'ingestion périodique de sang humain ou animal sous sa forme liquide, sans nécessaire attache au mythe des vampires mais plutôt accompagnant une pathologie mentale sous-jacente, dont il est un symptôme. Après la description de Noll (1991-1992), le concept de vampirisme clinique est rencontré à travers les médias et les publications sous le nom de syndrome de Renfield.Syndrome de Renfield et vampirisme clinique représentent toutefois deux entités distinctes. Le syndrome de Renfield désigne un syndrome dont le vampirisme clinique est caractéristique de la forme la plus grave. Le vampirisme clinique désigne un symptôme que l'on peut rencontrer hors du cadre du syndrome de Renfield.


Résumé des principaux critères du DSM


Le vampirisme clinique n'est pas une pathologie reconnue dans le DSM, d'une part du fait de sa rareté, d'autre part parce qu'il s'agit davantage d'un symptôme, principalement associé aux délires schizophréniques, psychopathies et aux paraphilies, que d'une entité clinique à part entière.


Les critères avancés par Noll (1992) conduisent à envisager le vampirisme clinique sous la forme de la recherche et l'ingestion inappropriée de sang, que ce soit le sang propre (auto-vampirisme) ou le sang d'autrui. Le symptôme n'a généralement aucun lien avec le mythe des vampires suceurs de sang, mais relève davantage du fétichisme en tant que paraphilie atypique. 


Toutefois, le vampirisme clinique se rencontre hors ingestion, ou comme symptôme étranger à une éventuelle pulsion érotique. Aussi, la composante de plaisir sexuel permettrait plutôt de caractériser la spécificité du syndrome de Renfield, l'une des formes cliniques dans lesquelles on peut rencontrer le symptôme de vampirisme clinique. Suivant cette hypothèse, le tableau clinique du syndrome de Renfield est proche de celui décrit dans le fétichisme[1] : sur une période d'au moins 6 mois, des envies intenses et récurrentes de sang, sans se limiter à l'ingestion à partir d'un être vivant, dont la satisfaction procure du plaisir, voire remplace les activités sexuelles classiques, entraînant des souffrances personnelles et difficultés relationnelles et sociales.


Données épidémiologiques / prévalence


Le vampirisme clinique est un symptôme rare et atypique, décrit majoritairement chez les hommes. Sa fréquence ne peut être estimée. Certains auteurs (Bourguignon, 1977) estiment que le symptôme pourrait être moins rare qu'il n'y parait, notamment sous des formes mineures, sachant que seuls les cas les plus spectaculaires sont répertoriés [2]. Les comportements les plus dangereux et agressifs sont le fait des hommes, les femmes n'agressant que plus rarement d'autres personnes sous le joug d'une pulsion ou d'un délire.


Caractéristiques psychopathologiques


On peut tirer une classification de 3 types de vampirisme selon leurs sous-bassements psychologiques et leur co-morbidité " habituelle " : 


1/ Le Syndrome de Renfield désigne la fascination fétichiste pour l'ingestion de sang, habituellement sans lien direct avec le mythe des vampires. Ce syndrome relève des paraphilies et accompagne fréquemment d'autres tendances issues ou proches de la fascination pour le sang, la douleur ou la mort, tels que tendances sadiques, nécrophiles, cannibales, sur fond de trouble identitaire. Il se rencontre sous des formes mineures à un stade précoce (auto-vampirisme) et peut émerger en formes plus spectaculaires conduisant le sujet à ingérer périodiquement et de manière compulsive, le sang ou la chair crue d'animaux, et possiblement d'humains. Le vampirisme est alors dans la plupart de ces formes majeures, la composante d'une psychopathie sévère, dans laquelle la recherche et l'ingestion de sang sont associées à un plaisir sexuel intense, visible dès l'adolescence, voire l'enfance. C'est sous ce tableau clinique que l'on retrouvera la majorité des meurtriers "vampires" en série, sachant toutefois que les médias ont une forte tendance à nommer "vampires" les cas brutaux et sanglants, choquant l'opinion, sans pour autant que l'ingestion de sang soit avérée.


2/ Le vampirisme clinique en tant que symptôme délirant peut se rencontrer chez les psychotiques et lors de bouffées délirantes, accompagné parfois d'auto-mutilation et d'hétéro-agressivité. Le lien à la mythologie peut être plus direct (issus par exemple, de la culture et de l'environnement de l'individu) ou complètement absent. Le vampirisme est alors un symptôme délirant, qui se caractérise principalement comme composante d'un délire d'ordre supérieur, psychotique, signe avant-coureur d'une schizophrénie naissante ou thème délirant d'une schizophrénie installée, apparue aux alentours de 15 à 30 ans. Troubles borderlines et crises délirantes peuvent présenter ce symptôme. Les cas de vampirisme clinique de ce type sont considérés extrêmement rares, mais avec des exemples confirmés[3], et probablement sous-estimés.


3/ Fascination pour le sang et ingestion se rencontrent également lors de la période charnière de l'adolescence, repris dans certaines sous-cultures (par exemple, gothique) et à travers les médias du fait de la fascination qu'exercent les créatures vampiriques sur l'imagination des auteurs tant que des lecteurs/spectateurs. S'il arrive qu'il y'ait effectivement ingestion de sang, c'est généralement dans le cadre organisé d'un mode de vie et de recherche identitaire ou culturelle particuliers. Le symptôme, mineur, s'accompagne fréquemment d'auto-mutilation, en l'absence de pathologie majeure et à l'adolescence principalement. Il peut être un signe avant-gardiste de mal-être général, de difficultés sociaux-affectives et de tentative de suicide.


On peut également noter l'apparition anecdotique, plus rare, de symptômes d'auto-vampirisme (menant parfois jusqu'à l'anémie[4] ou l'injection volontaire de sang parfois issues de techniques thérapeutiques (Eigenblut-Injektionen) dans des pathomimies telles que Munchausen.
Relations interpersonnelles
Dans les trois cas, les relations personnelles ne pâtissent pas directement du symptôme mais de l'éventuelle pathologie sous-jacente : 


1/ Les paraphilies peuvent entraîner une obsession et un trouble anxieux, dont résultent des difficultés dans les relations sociales et affectives. Elles peuvent également déboucher sur des activités criminelles (vol, agression) selon le degré de psychopathie et l'intensité du plaisir sexuel lié à la vue ou l'ingestion du sang.


2/ Le caractère psychotique s'accompagne d'un émoussement affectif et de perturbations graves des relations interpersonnelles, surtout en phase critique lors desquelles le patient est totalement déconnecté de la réalité, et peut se montrer dangereux pour lui-même et pour les autres. 


3/ Dans le cas d'une "simple" fascination d'ordre culturel et identitaire, la difficulté préalable d'entretenir des relations interpersonnelles est parfois l'origine même du comportement de vampirisme.


Relations interpersonnelles
Dans les trois cas, les relations personnelles ne pâtissent pas directement du symptôme mais de l'éventuelle pathologie sous-jacente : 
1/ Les paraphilies peuvent entraîner une obsession et un trouble anxieux, dont résultent des difficultés dans les relations sociales et affectives. Elles peuvent également déboucher sur des activités criminelles (vol, agression) selon le degré de psychopathie et l'intensité du plaisir sexuel lié à la vue ou l'ingestion du sang. 
2/ Le caractère psychotique s'accompagne d'un émoussement affectif et de perturbations graves des relations interpersonnelles, surtout en phase critique lors desquelles le patient est totalement déconnecté de la réalité, et peut se montrer dangereux pour lui-même et pour les autres. 
3/ Dans le cas d'une "simple" fascination d'ordre culturel et identitaire, la difficulté préalable d'entretenir des relations interpersonnelles est parfois l'origine même du comportement de vampirisme.


Expressions émotionnelles, affectives, style cognitif
Là encore, le lien à la pathologie ou l'état sous-jacents détermine les composantes psychiques de l'individu. 1/ Style cognitif obsessionnel et anxieux avec des difficultés à établir un réseau social, voire total manque d'empathie et relations sociales caractérisées par l'utilisation et la manipulation d'autrui. 2/ Expressions émotionnelles ambivalentes, clivage et délires. 3/ Timidité, personnalité évitante ou excentrique, pas forcément de désordre affectif ou de perturbation dans le sens où l'adolescent peut parfaitement trouver une communauté dans laquelle s'épanouir. Un repli sur soi et par contre annonciateur d'une baisse de la sociabilité et du bien-être individuel. Certains cas sont limites, avec une frontière floue entre réalité et fiction, qui donne aux relations affectives et sociales un caractère étrange.


Le syndrome de Renfield


Le syndrome de Renfield est selon Noll (1992)[5], une entité clinique propre, nommée en l'honneur d'un personnage du roman de Bram Stocker. Renfield voyait dans le sang l'énergie vitale d'un être, et cherchait conséquemment à se l'approprier en mangeant des insectes, puis en s'attaquant à des animaux. On rencontre régulièrement des croyances de cet ordre (vol d'énergie, rajeunissement) chez les vampires cliniques. La forme la plus grave de ce désordre évoluerait en 4 stades : 
-    Dans un premier temps et à la suite d'un évènement accidentel (coupure, blessure ouverte), l'enfant ingère du sang et trouve un plaisir dans cette consommation. 
-    Cette première ingestion peut être suivie par la recherche de ce plaisir, dans la nourriture ou dans son propre sang. Il arrive alors que l'enfant/adolescent se mutile pour sucer son sang (auto-vampirisme) ou puisse selon les circonstances mais relativement rarement, avoir accès à du sang humain. A la puberté, le sang est associé aux activités sexuelles, telles que la masturbation. Le renforcement positif du plaisir associé peut alors conduire à un troisième stade :
-    L'agression envers les animaux vivants (zoophagie), entaillés ou tués pour boire leur sang. Les animaux de compagnie et domestiques sont privilégiés du fait de leur proximité. L'intensité agressive évolue crescendo, possiblement jusqu'au 4ème stade :
-    Vampirisme clinique, dans lequel la recherche de sang humain est la priorité. Elle peut amener à des comportements criminels (vol, meurtre). Plusieurs cas de meurtriers en série, rendu spectaculaires de par cette spécificité peuvent être pris en exemple : Peter Kürten, John Haigh…


Le syndrome de Renfield correspond à la première des caractéristiques psychopathologiques analysées sur cet article, en lien avec l'évolution d'un plaisir sexuel associé à l'absorption ou la contemplation de sang. Ce sang est objet de fétichisme et souvent entouré de croyances, liées ou non à la culture vampirique. De simple paraphilie dans les premiers stades, l'évolution est plus rapide et néfaste selon le degré de psychopathie. Généralement, dans les deux derniers stades, on observe la co-morbidité de plusieurs symptômes d'allure psychopathique : sadisme, nécrophilie, perte d'intérêt pour la sexualité classique.


On ignore en quelle proportion, mais l'évolution peut stopper lors du 2ème stade. L'évolution du 3ème au 4ème stade semble cependant fréquente. Les consultations font généralement suite à une procédure judiciaire. La recherche du sang peut en effet conduire l'individu à agresser, voler du sang dans les boucheries ou les hôpitaux, voire tuer pour assouvir ses pulsions.


Paradoxalement, dans le roman de Bram Stocker, Renfield se comporte davantage comme un psychotique emmené dans ses délires à boire le sang de ses victimes, à l'image du schizophrène Richard Trenton Chase. Richard Noll, selon nous, réalise une confusion dans la description du syndrome de Renfield, en amalgamant les comportements sous-tendus par la paraphilie ou le délire. Dans la première, l'idée-clé sous-tendant le comportement est le plaisir sexuel associé. Dans la deuxième, et dans les formes de psychoses, la recherche de sang s'inscrit dans une thématique délirante. Ces distinctions se fondent sur des exemples répertoriés et décrits dans l'article suivant :


Plusieurs hypothèses illustrées par des exemples réels permettent d'envisager les raisons d'une soif de sang féroce. Dans la majorité des cas spectaculaires, ce sont de simples croyances ou l'association de la compulsion sexuelle avec le sadisme qui amènent une personne à convoiter le sang, pas toujours dans le but de le boire.


Croyances et Cultures
La comtesse hongroise Erzebeth Bathory (née en 1560), connue comme le premier cas décrit de "vampire" (exception faite de l'étrange cas de Gilles de Raie), était versée à l'art de la torture, notamment avec l'initiation et l'aide de son mari. Le jour ou elle frappa si fort une servante qu'elle reçue de son sang sur la peau, elle eut l'impression que celle-ci rajeunissait. La légende prétend qu'elle commença à se baigner dans le sang de jeunes femmes, poussée par l'appât du rajeunissement. Néanmoins, culturellement, elle baignait surtout dans une atmosphère et une éducation qui encourageaient ses penchants sadiques. La recherche du sang avait dans son cas un but étranger à l'ingestion.


Elle devint cependant l'inspiratrice d'une mouvance littéraire dédiée aux créatures de l'ombre, à partir du 17ème siècle et siècles suivants, par exemple, avec le célèbre roman de Bram Stoker, Dracula (1897). Ce gain d'intérêt pour les monstres et horreurs nocturnes permit de véhiculer largement l'image des vampires, inspirant en retour plusieurs criminels et développant certaines croyances (lorsqu'il boit le sang, Dracula "rajeunit", boire le sang revient à voler l'énergie vitale de la victime…). 


De récents cas peuvent être rapprochés de l'influence culturelle. Le jeune Joshua Rudiger, 22 ans, se pensait un vampire âgé de 2000 ans, comme ceux dont il avait lu les aventures dans des livres, lorsqu'il assassina et bu le sang d'une femme sans domicile fixe. Le couple et ManuelaDaniel Ruda expliquait en 2002 avoir tué et bu le sang de Frank Haagen, sous l'impulsion de forces sataniques. Il s'avère que tout deux participaient à des rencontres underground dans lesquelles il leur est arrivé d'ingérer du sang de donneurs consentants, dans un contexte culturel et identitaire particulier. Ces cas récents, bien que liés à des troubles profonds de la personnalité, tirent leur nature d'un environnement encourageant l'ingestion de sang.


Paraphilies, psychopathie et compulsions d'ordre sexuel
Cette atmosphère culturelle, une fois associée au sadisme intrinsèque de quelques criminels, a donné naissance à plusieurs cas de "meurtriers vampires". Toutefois, la culture seule est généralement insuffisante à créer des cas d'exo-vampirisme clinique. Citons par exemple le cas du Monstre de Dusseldörf, Peter Kürten, dont l'excitation sexuelle se manifestait à la vue du sang qui gicle/coule ou lorsqu'il l'ingérait, que ce sang provienne d'animaux ou d'humains. Dès l'enfance, on trouvait les traces d'un comportement sadique caractéristique envers les animaux, associé plus tard à la psychopathie ainsi qu'à des tendances nécrophiles lors de comportements de viol et de meurtre. La présence d'une composante fétichiste sexuelle de l'ingestion ou de la vue de sang est la caractéristique nécessaire du Syndrome de Renfield, décrit par le psychologue Richard Noll (1992).


La psychologie clinique et expérimentale s'était cependant emparée du sujet dès 1886[6], lorsque le neurologue allemand Krafft-Ebing remarqua l'existence d'une composante sexuelle chez des  meurtriers, attachée à la vue du sang de leur victime. Sur 238 cas répertoriés, il note fréquemment dans les cas de psychopathies meurtrières sévères, une excitation inspirée par le sang, symbolique selon lui de la domination et du contrôle exercé sur la victime. Dans une large proportion de ces cas cependant, le vampirisme est associé au cannibalisme et à la torture (post ou ante-mortem) témoignant de la psychopathie.


Il faut noter que le roman de Bram Stocker, ayant inspiré le nom du syndrome de Renfield, était publié quelques années seulement (1897) après l'édition anglaise traduite Psychopathia sexualis, de Krafft-Ebbing (1892), lequel détaillait les cas de vampirisme avec une approche clinique. Un cas typique de ce type de vampirisme est celui de John Georges Haigh[7], reconnu coupable du meurtre de 9 personnes, amis et connaissances proches, qu'il droguait ou frappait et égorgeait, usant d'une paille ou d'une coupe pour boire leur sang à partir d'une veine ou d'une artère. Haigh explique que vers l'âge de 10 ans, un évènement d'apparence anodine allait conditionner sa future soif de sang : il se blessa au doigt avec une brosse métallique et spontanément, le porta à sa bouche. Il garde de cet évènement un souvenir mêlé de plaisir profond et de bien-être, le goût de son propre sang lui ayant apporté des sensations nouvelles et excitantes. Aucun symptôme d'allure psychotique ne put être mis en évidence. Haigh disait lui-même qu'une fois bu le sang de ses victimes, il se sentait mieux. Noll estime que les cas de vampirisme clinique issus de pulsions sexuelles brisent un tabou en ingérant le sang. Cette rupture des codes suffirait selon lui à expliquer l'excitation ressentie lors du passage à l'acte.


Psychose sans lien avec la mythologie vampirique
Hors les cas issus de croyances et de pulsions sexuelles, la littérature criminologique et scientifique a décrit la présence de symptômes de vampirisme chez des psychotiques, comme Richard Trenton Chase. Diagnostiqué schizophrène dans les années 1970 et interné, il fut un jour retrouvé avec du sang autour de la bouche provenant vraisemblablement de deux oiseaux, morts, et déposés sur le bord de sa fenêtre. Lorsque son séjour en institution fut terminé, il loua un appartement et commença à boire le sang de divers animaux de compagnie : chats, chiens, lapins. Il confessera plus tard en avoir eu assez du sang des animaux, à l'époque ou il commença à rechercher du sang humain. Six meurtres plus tard, il fut arrêté et condamné à mort. 


Sa soif de sang s'inscrivait davantage dans le cadre d'un délire que dans celui d'un plaisir sexuel. Dès son adolescence, Chase ressentait le besoin de se purifier et s'angoissait excessivement pour son corps : il s'était plaint plusieurs fois de phénomènes corporels étranges (son cœur s'arrêtait, son estomac bougeait à l'intérieur de son corps, ses os poussaient à l'arrière de son crâne…) et entretenait des visions délirantes et angoissantes à propos de celui-ci. Par exemple, il débarqua un jour dans une salle de chirurgie pour retrouver l'homme qui, selon ses dires, aurait volé son artère pulmonaire. Son désir de boire le sang avait donc davantage de liens avec le délire de purification (boire le sang d'autrui pour purger son propre sang empoisonné) qu'avec une pulsion d'ordre érotique. Un cas semblable plus récent[8] décrit l'auto-vampirisme d'une patiente de 35 ans dans le cadre d'un délire schizophrénique similaire de purification. La patiente se plaignait de dépersonnalisation et consommait son propre sang sous l'impulsion d'hallucinations auditives.


Psychose et culture vampirique
Sur fond de psychose, la culture vampirique peut apporter des éléments constitutifs du délire schizophrénique jusqu'à provoquer le vampirisme clinique. C'est le cas du patient meurtrier James Riva, qui dès l'âge de 13 ans, développa une fascination excessive vis-à-vis du mythe des vampires. Avec son développement, cette admiration s'est transformée peu à peu en éléments délirants lui faisant croire que sa grand-mère, bien qu'en chaise roulante, attendait la nuit qu'il sommeille, pour lui voler son sang. Il se mit à manger de plus en plus de nourriture sanguinolente, puis s'attaqua directement à des animaux vivants. En avril 1980, il tua sa grand mère par balles, sur ordre d'une " voix " qu'il attribuait à un vampire, et consomma son sang. Dans son délire, il pensait qu'il existe de nombreux vampires, et espérait en devenir un. Pour faire partie de leur groupe, il devait alors tuer quelqu'un et boire son sang.


Le mélange des genres
Désormais, le mythe du vampire est devenu partie intégrante de notre culture. Aussi, les liens qu'il entretient avec les comportements réels de meurtriers ou de patients, ou simplement d'admirateurs, se consolident ; culture, médias et individus s'influencent mutuellement. Le pouvoir des croyances se rencontre par ailleurs dans des situations inverses à celle du vampire tueur : Kirk Palmer, du Colorado, tira sur Antonia Vierira parce qu'il était convaincu que son amie était une vampire !


Si l'on remarque une recrudescence des "meurtriers vampires" c'est avant tout grâce à la confusion des genres : cannibalisme, sadisme, nécrophilie, nécrosadisme, sont autant de raisons de qualifier de vampire tout auteur d'agression brutale et spectaculaire, tout meurtrier en série dont le modus operandi consisterait en une utilisation du sang ou de la chair de ses victimes, de quelque façon que ce soit. Or, ainsi que le souligne Herschel Prins, le vampirisme clinique semble se démarquer de ces pratiques dans le sens où il constitue une entité clinique, certes souvent co-morbide à d'autres comportements paraphiles, mais qui se suffit à elle-même et peut donc se trouver indépendamment de ces autres comportements, se caractérise par une évolution et un tableau clinique systématique.


L'hématophagie se rencontre rarement dans le domaine animal (une vingtaine d'espèces de vertébrés seulement) et ne constitue pas un régime alimentaire sain pour l'homme, étant donné la composition très peu nutritionnelle et la haute teneur en fer. Le corps n'a pas besoin de boire le sang, malgré l'existence de conditions particulières comme la porphyrie, elle-même vraisemblablement à l'origine du mythe vampirique (Dolphin, 1985). Les conditions de vampirisme clinique sont donc liées possiblement à la culture d'une part, mais également et nécessairement à un besoin sexuel déviant (par exemple, plaisir seul issus de la perception de domination et du contrôle) ou une thématique délirante. Dans les cas ou l'environnement seul semble être le facteur déclenchant et entretenant le goût pour le sang, on constate généralement des troubles de la personnalité sévères, la culture n'apportant qu'une excuse ou une direction pour les tendances antisociales, obsessionnelles ou schizoïdes préexistantes, des patients
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